Prévention des commotions

L’importance de la prévention des commotions cérébrales en rugby

 

Introduction

La commotion cérébrale est le nom donné en médecine sportive au traumatisme crânio-cérébral léger (TCCL), qui résulte de l’impact du cerveau contre la boîte crânienne lors d’un impact direct ou indirect à la tête. Lorsqu’elle se produit, elle est caractérisée par un ou des symptômes qui peuvent varier d’une personne et d’un événement à l’autre. Les symptômes les plus courant lors de la survenue d’un TCCL sont :

  • Mal de tête ou “pression à la tête”
  • Étourdissement et/ou altération de l’équilibre
  • Problème de concentration
  • Confusion ou désorientation
  • Intolérance au bruit et/ou à la lumière
  • Nausées
  • Perte de mémoire (d’avant, pendant ou juste après l’événement)
  • Perte ou altération de conscience

Par la suite, l’evolution des symptômes peut varier. 80 à 90% des TCCLs ont une évolution favorable dans les 7 à 10 jours, alors que les 10 à 20% restants peuvent garder une certaine symptomatologie dans le temps.

L’intervention lors de la survenue d’une commotion cérébrale

Lorsque vous avez reçu un coup à la tête, fait un chute ou avez fait quelque mouvement ayant pu causer des mouvements importants de la tête et que vous expérimentez un ou plusieurs des symptômes décrits précédemment, il est important de vous rapporter à un membre de votre équipe médicale afin qu’il vous questionne et vous retire du jeu s’il pense que vous pourriez avoir subi une commotion cérébrale.

Ce qu’on veut prévenir

Le retrait du jeu lors d’un TCCL est important, il sert entre autres à vérifier l’évolution des symptômes. Une détérioration de l’état de conscience pourrait faire suspecter un problème plus plus important comme un saignement intra-crânien qui pourrait nécessiter une intervention d’urgence.

Dans le cas où les symptômes se résorbent dans les minutes qui suivent, le retour au jeu n’est pas permis dans le même match (ou même tournoi), afin de prévenir un deuxième TCCL qui pourrait rendre la rémission du joueur plus longue et difficile. De façon plus rare, deux TCCLs rapprochés pourraient aussi causer le « syndrome du deuxième impact », qui se caractérise par un important œdème cérébral pouvant être fatal.

Le retour graduel aux activités

Afin de favoriser une rémission optimale, un protocole de retour aux activités doit être suivi par le joueur atteint d’une commotion cérébrale. En temps normal, le médecin que vous aurez consulté lors de votre TCCL vous aura fourni un dépliant de l’INESSS (institut national d’excellence en santé et services sociaux) expliquant la marche à suivre, ainsi qu’un arrêt de travail qu’il juge adéquat selon votre situation, avec un suivi pour réévaluer.

Le retour aux activités se fera donc par palliers. Chaque étape nécessite une période de 24 heures sans symptômes avant d’accéder à la suivante. Une réapparition persistante des symptômes ramène au pallier précédent. Voici un résumé des étapes prescrites dans le dépliant de l’INESSS :

  1. On débute par une période de repos de 48 à 72 heures. On veut limiter les stimulations extérieures sans les éliminer complètement. On limite à des activités intellectuelles et physiques légères par petites périodes, et on interrompt l’activité si les symptômes réapparaissent. On passe à l’étape suivant après 24hrs sans symptômes.
  2. Activités intellectuelles par petites periodes à la maison. Diminuer l’intensité si les symptômes réapparaissent.
  3. Reprise des activités normales (école/travail) pour des demi-journées. Se retirer et prendre des pauses si les symptômes augmentent.
  4. Reprise des journées complètes en limitant le niveau de stress.

*La reprise des activités intellectuelles devrait être accompagnée d’activités physiques légères afin de faciliter la circulation sanguine et ainsi accélérer la guérison du cerveau.

  1. Reprise des activités physiques modérées sous le seuil symptomatique.
  2. Reprise du conditionnement physique individuel propre à l’activité physique, sans contact. Éviter les sauts et les jeux de ballons.
  3. Reprise du conditionnement physique avec coéquipier, toujours sans contact. Réintégrer les sauts et les jeux de ballons.
  4. Reprise de l’entraînement normal.
  5. Reprise de la compétition.

*Suite à la reprise sans symptômes de l’entraînement sans contact, il est pour l’instant considéré sécuritaire de reprendre l’entraînement avec contact ainsi que la compétition. Cependant, des études récentes sur les animaux suggèrent que la rémission des symptômes ne signifie pas que le cerveau est revenu à son état fonctionnel optimal. Pendant cette période une deuxième commotion cérébrale pourrait s’avérer plus grave avec une récupération plus lente. Le retour au jeu avec contact pourrait donc être dérecommandé avant 30 jours suivant la commotion cérébrale, même si le retour par palliers s’est déroulé optimalement et que le joueur ne présente plus de symptômes.

Le traitement

Dans un scénario optimal de rémission, chaque étape de la reprise par palliers prend 24 heures et en 7 à 10 jours, l’athlète est revenu à son activité normale. Dans le cas de persistance des symptômes au-delà de 10 jours, on fait appel à un équipe pluridisciplinaire de personnel de la santé, afin d’adresser de façon personnalisée les symptômes en cause.

Les professionnels suivants peuvent vous aider, et votre médecin pourra vous guider selon vos besoin :

  • Physiothérapeute
  • Neuropsychologue
  • Nutritionniste
  • Entraîneur
  • Acupunteur
  • Ostéopathe

La prévention

Malheureusement, aucun équipement ni casque ne peut prévenir les commotions cérébrales. Cependant, on dénote que les femmes sont plus susceptibles à être victimes de TCCL, ce qui laisse penser qu’une musculature plus forte du cou et des épaules pourrait aider à limiter l’amplitude de mouvement de la tête lors d’impacts, ce qui diminuerait légèrement le risque de commotions.

La prévention des commotions cérébrales en rugby et dans tout sport de contact passe principalement par la technique et les règles du jeu. La maîtrise des mouvements adéquats lors des plaquages ainsi que les bons réflexes lors des chutes sont les meilleurs atouts pour prévenir soi-même les TCCLs. Pour ce qui est du jeu, les règles s’adaptent chaque année afin de sanctionner les gestes qui pourraient provoquer de telles blessures.

Si vous avez des questions ou des inquiétudes en lien avec la prévention ou la guérison des commotions cérébrales, n’hésitez surtout pas à en parler avec votre médecin, coach ou équipe médicale!

 

Votre comité médical.

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